fb

Date de mise à jour : 30/10/2017 (60 nouvelles épaves, 41 mises à jour)

DESTROYER Z24

IIIeme Reich

Le Verdon
Attaque aérienne, le 25 août 1944

Destroyer Z24
Le destroyer Z24

Caractéristiques

Destroyer Z 24 : mis en chantier chez Deschimag, à Brême, le 2 janvier 1939. Lancé le 7 mars 1940 et opérationnel le 26 octobre 1940. Son coût : 13,18 millions de Reichsmark.

Déplacement (Max) : 3605 t. Longueur (Total) : 127,0 m. Longueur (lignes d’eau) : 121,9 m. Baud : 12,0 m. Hauteur: 4,65 m. Equipage: 320 - 332 hommes.

Armement : 4 x 15 cm L/48 C/36 (5,9") (5 à partir de 1942) ; 5 x 3,7 cm L/83 C/30 ; 4 2 cm MG L/65 C/30 (12 à partir 1942) ; 8 x ubes lance-torpilles (53,3 cm) : 60 x Mines ; 4 x lance mines. Motorisation : Shafts : 2 ; Turbines: 2 (Type Wagner (Deschimag) ; Puissance totale : 70000 shp. Vitesse : 37,5 noeuds. Autonomie : 2174 milles à 19 nd.

l est mis sous commandement successivement du Capitaine de Corvette, Martin Saltzwedel (23 oct. 1940 - 14 août 1943), puis du Capitaine-Lieutenant, Franz Burkart (14 août 1943 - 7 sep. 1943) et enfin du Capitaine de Corvette, Heinz Birnbacher (7 sep. 1943 - 25 août 1944).

Les dates de sa carrière :

24.03.1941 : Transfert des Z23 and Z24 à Bergen. 26-27.03.1941 : Les Z23 et Z24 escortent le croiseur lourd Admiral Hipper sur son trajet du l’Atlantique nord à l’Allemagne (Bergen à Skagerak). 30.03-01.04.1941 : Les destroyers Z23 et Z24 et le torpilleur Iltis, escortent le croiseur lourd Admiral Scheer de la Norvège à l’Allemagne. 10-14.06.1941 : Les navires Hans Lody , Friedrich Eckold , Karl Galster , Z23 et Z24, escortent le croiseur Lützow, endommagé par un torpillage aérien en Allemagne. 16-19.06.1941 : Les destroyers Z23 and Z24 sont transférés à Brest. 20-22.07.1941 : La 5ème flottille de destroyers composée du Erich Steinbrinck , Friedrich Ihn , Bruno Heinemann , Z23 e Z24 viennent de La Pallice à Brest et sur le retour escortent le Scharnhorst à La Pallice. 21-23.08.1941 : Les navires Erich Steinbrinck , Bruno Heinemann , Z23 et Z24 retrouve le croiseur auxiliaire Orion dans le Golfe de Gascogne et l’escorte en France.

23-26.10.1941 : les deux destroyers Z23 et Z24 retournent en Allemagne. 09-21.11.1941 : Z24 et Z26 sont transférés en Norvège. 16-18.12.1941 : Operations des Z23, Z24 , Z25 et Z27 contre la côte de Kola. Après un combat contre les HMS MTB Hazard et Speedy, les destroyers retournent à leur base. 26.12.1941 : La 8ème Z-Flotilla, constituée des Z23, Z24, Z25 et Z27 quitte Ofotfjord. 27.12.1941: Z23, Z24, Z25 et Z27 opèrent aux Lofoten. 03-04.01.1942 : les destroyers Z23, Z24, Z25 et Z27 escortent l’Adolf Lüderitz de Tromsö à Kirkenes. 3-14.01.1942 : Opération de minage des Z23, Z24 et Z25 au Cap Kacovskij en mer Blanche. 20.01.1942 : Le transfert des Z23, Z24 et Z25, de Kirkenes à Tromsö, est abandonné après que les Z23 et Z24 aient été endommagés. 27-28.01.1942 : les Z23, Z24 et Z25 partent de Kirkenses à Tromsö. 29.01-02.02.1942 : les destroyers Z24 et Z25 retournent en Allemagne.

Le Z24 fait partie de la 8ème flottille de destroyers, appelée aussi "Narvik flottille".
Entre juin et octobre 1941, il est affecté à la 6ème flottille de destroyers en France, stationné à Kirkens et utilisé sans résultats dans les opérations de Mourmansk. Après un court séjour en Allemagne de janvier à mars 1942, le Z24 prend part avec le "Zerstörergruppe Arktis" et combat contre le convoi PQ 13. En avril 1942, les Z24, Z25 et Hermann Schoemann attaquent et endommagent le croiseur britannique Edinburgh. A la mi-1942, les navires basés à Narvik sont transférés en France.

Il mesure 81.2 mètres de long et 13.3 mètres de maître baud. Il est propulsé par un moteur diésel six cylindres, 4 Temps, suralimenté d'une puissance de 1500 CV, fabriqué par MAN (Maschinenfabrik Augsburg-Nürnberg).

Le naufrage

 

Le 25 août 1944, il est coulé par une attaque de Beaufighters près du Verdon :

Erwin Kindsgrab, ancien barreur du Z24, a écrit ce texte entre 1965-1970. Traduit par Volker Christoffel

(Note du traducteur : Le T24 et le Z24 ont été très gravement endommagés lors d'une bataille navale avec des navires anglais dans la nuit du 8 juin 1944, au large de l'île de Batz quand ils ont essayé d'attaquer les forces de débarquement alliées du côté mer. Les deux navires étaient à peine aptes à naviguer. Ils rentrent d'abord à Brest, puis sont envoyés au chantier naval de Bordeaux pour réparation.)
Les réparations dans le chantier sont difficiles à effectuer car les travaux sont gravement entravés par le sabotage et les retards.
Le 22 août 1944 le destroyer Z24 est amarré à Bordeaux près du Hangar 13. L'ordre de retraite allemand a été donné. (Ce qui veut dire que la Wehrmacht quitte Bordeaux et donc qu'il n'y a plus de protection dans le port.)

Chaque chef de service du destroyer a la mission d‘enlever des magasins et des arsenaux les pièces de rechange, les équipements et la nourriture. Ce travail est en partie perturbé par la résistance. Les Alsaciens de l'équipage ne reviennent pas à bord. Dans l'après-midi du 22, le dépôt d'armes antichars installé dans le Hangar 13 explose. Les Français ont construit un tunnel minier sous la rue des maisons d'en face. (Note du traducteur : cette description n'est pas correcte : en réalité, c'est l'action du sergent allemand Helmut Stahlschmidt qui, dans un acte de sabotage, a fait sauter un camp avec 4000 détonateurs et l'a ensuite immergé. Les détonateurs étaient destinés à des charges explosives avec lesquelles le port de Bordeaux devait être détruit.)

Il y a des morts et des blessés. Les blessés sont soignés sur le Z24. Dans le même temps, des mitrailleuses françaises de 3,7 cm tirent dans le port. Le Z24 se déplace à une centaine de mètres en aval sans moteur et attend le retour des différents commandements pour quitter Bordeaux le lendemain matin, avec une sécurisation importante pendant la nuit, dont un sous-marin (ce sous-marin est arrivé intact en Allemagne - j'ai rencontré le barreur plus tard à Kiel).
Le T24 est dans le chantier naval et n'est pas prêt à partir ce jour-là. Dans le port il reste un cargo allemand, qu'on essaie de le mettre sous la "Croix-Rouge" en le peignant en blanc. Les négociations avec le Maquis on pour but de permettre le transport des malades et des "Blitzmädchen" (aides) allemands.
Le Z24 arrive, mais ne s'ancre plus sur le jetée du Verdon, mais laisse tourner les machines pour étaler le courant. Cette fois, ils ne veulent pas être pris au piège par les raids aériens prévus. Dans l'après-midi du 24 août, le T24 arrive également sur les larges du Verdon et s'éloigne du Z24 de 300 à 400 mètres avec ses moteurs en marche, le sous-marin est échoué.

Vers 19 heures, une attaque d'une unité mixte d'avions anglais (note du traducteur : et canadiens de la RCAF squad 404), bimoteurs Mosquitos et Beaufighter) volant à basse altitude, vers l'est.
Le T24 est en première position d'attaque. Malgré la résistance farouche des bateaux, une partie des attaquants lâchent des masses de roquettes. Le T24 est touché durement, sur le Z24, la majorité des missiles passent au-dessus du bateau. Les missiles qui touchent, sont suffisants pour infliger des dégâts mortels.


Le T24 brûle et commence à couler vers l'arrière. Les bateaux de la flottille de protection du port du Verdon tentent toujours de faire accoster par l’étrave, où l'équipage indemne se rassemble. Ils sauvent une partie de l'équipage. Parmi eux, le capitaine commandant, le lieutenant Wilhelm Meentzen (après la guerre, à nouveau à la marine fédérale - commandant du premier destroyer de la marine fédérale Z1, remis par l'Amérique, aujourd'hui amiral de la marine fédérale). (Note du traducteur : Le capitaine Meentzen a été blessé lors de l'attaque, dans l'AF Gironde-Süd il a reçu la Croix de chevalier en octobre 44. Meentzen a été le dernier vice-amiral de la marine allemande en tant que commandant des forces navales de l'OTAN pour l'accès à la mer Baltique ; retraite en 1974 - https://de.wikipedia.org/wiki/Wilhelm_Meentzen-

Sur le Z24, il y a des considérations sur la façon de procéder en cas de dommages graves. Deux possibilités : s'échouer sur la plage ou aller sous le pont de la gare maritime. La décision a été prise en faveur de la Seebahnhof, puisque les grues pourraient encore y récupérer certaines armes (2 cm en quadruplet, 3,7 cm en double chariot).
L'équipage enlève le bateau, autant qu'il est encore possible d'entrer dans les compartiments. Les armes sont dévissées avec des moyens embarqués. Les morts et les blessés sont évacués. Les deux dernières sections du navire sont complètement détruites et sont entièrement immergées. Les compartiments avant sont toujours flottants. Le bateau est incliné vers tribord. L'avant du navire pointe vers l'estuaire de la Gironde.
Avant minuit, au moment où le courant de jusant devient le plus fort, soudain, alors que la plus grande partie de l'équipage est à bord, de cloisons se brisent dans la partie arrière. Le bateau chavire. Les cordes de fixation se rompent. Au fur et à mesure que le bateau s'incline lentement, l'équipe grimpe sur le revêtement extérieur. L'espace devient de plus en plus petit et de plus en plus les gens doivent sauter dans la Gironde. Les bateaux de protection du port s"éloignent, les gilets et les ceintures de sauvetage sont jetés à l'eau.
Il est impossible de traverser le courant à la nage. La plupart des marins restent coincés dans les barrières du filet à torpilles et sont secourus par les bateaux de protection. Avec ce chavirement deux hommes ne sont plus sortis du bateau. L'équipage passe le reste de la nuit dans les couloirs de la Seebahnhof. L'ingénieur en chef (L1), les candidats officiers et moi-même devons être amenés à Blaye le lendemain matin avec un bateau de protection portuaire, afin de trouver une connexion possible avec les troupes allemandes de retour. (Note du traducteur : A Blaye il y avait une base de la Wehrmacht et un camp d'internement pour les troupes françaises). Le reste de l'équipage secouru doit rester dans la forteresse et renforcer le personnel.

Le lendemain matin, il est certain qu'une connexion aux troupes en retraite ne serait plus possible. Tous restent donc dans la forteresse Gironde Sud. Les deux jours suivants, les rescapés sont hébergés dans des familles françaises du Verdon. Dans les jours suivants le "Bataillon Narvik" sera formé des survivants des équipages des deux navires Z24 et T24. Le chef du bataillon est capitaine Birnbacher.

Le Z24

La fin du Z26

Le Z24

La fin du Z24

Fin du Z24

La fin du Z26

La fin du Z24 er du T24

 

Beaufighter
Vidéo

 

Position

Carte du naufrage

Zone : 45 01 40 - Sud Oléron
Position de Z24, Latitude : 45° 32', 9040 N - Longitude : 001° 02', 4684 W
Position de T24, Latitude : 45° 31', 0523 N - Longitude : 001° 1', 8426' W

 

Z24
Z24

Le T24 aujourd'hui dans le Verdon par un coefficient de 110 (Photos Patrick Ragot)

 

notes :

Carl-Heinz Birnbacher (26 mai 1910 à Villach, Autriche, – 5 Decembre 1991 à Villach), officier allemand dans la Kriegsmarine pendant la Seconde guerre mondiale. Après la guerre il a servi dans la Bundesmarine où il a atteint le grade de Contre-amiral. Il a été décoré de la Croix de Fer et la Grand Croix de l'Ordre du mérite de la République fédérale d'Allemagne.

Birnbacher

Sources

"Die deutschen Kriegsschiffe", Hans H. Hildebrand, Albert Röhr, Hans Otto Steinmetz ; "Zerstörer unter deutscher Flagge 1934 bis 1945", de Wolfgang Hornack ; "Kriegsmarine", de Jak Mallmann- Showell ; Deutsche Marinearchiv ; SHOM France 2006 ; "Die deutschen Kriegsschiffe 1815-1945 Band2 " Bernard & Graefe Verlag 1999 ; "Verluster deutscher handelsschiffe 1939-1945" von Urs Heßling ; Remerciements à Patrick Ragot et au Dr. Volker Christoffe ; Texte d'Erwin Kindsgrab, ancien barreur du Z24, traduit par Volker Christoffel.