HMS ETHALION
(1795-1799)

Royal Navy

Nord de Sein
Erreur de pilotage, le 25 décembre 1799

HMS ETHALION
HMS Ethalion in action with the Spanish frigate Thetis off Cape Finisterre, 16th October 1799,
Thomas Whitcombe, 1800

Caractéristiques

HMS ETHALION Type frégate de 38 canons, Classe Artois, 5ème Rang. Ordre de construction : 30 avril 1795 Chantier : Graham, Harwich Mise sur cale : Octobre 1795 (baptisée le 14 novembre 1795) Lancement : 14 mars 1797 ;
Déplacement : 992 (bm) Longueur : 146 ft H.T. (44.5 m) Baud : 39 ft (11.89 m) Hauteur : 10 ft 3(3.12 m), Tirant : 13 ft 9 (4.19 m) Gréement : carré Equipaget : 270 hommes Armement : 28 x 18 pouces, Pont : 2 X 9 pouces + 12 carronades x 32 pouces, 2 x 9 pouces + 2 carronades x 32 pouces

Récompense : "Naval General Service Medal with clasp" , le 12 octobre 1798" Fin : Naufrage le 25 décembre 1799.

La HMS Ethalion est entrée en service en 1797, dans La Manche. Peu après la mise en service, en avril sous les ordres du Capitaine George Countess, elle a été engagée dans la poursuite d'un escadron français mené par Jean-Baptiste-François Bompart (1) qui avait l'intention d'envahir l'Irlande en 1798. George Countess a surveillé la flotte française pendant plusieurs jours et a prévenu John Borlase Warren et Bompart a été vaincu à la Bataille de l'île de Tory (2). L' Ethalion, en compagnie du HMS Melampus, a pris le Bellone (40 canons).

Frégate 1793
Attack of the French Squadron under Monsr. Bompart Chef d'Escadre
Nicholas Pocock (1799)

Le 2 février 1799, l'Ethalion opérait avec la frégate HMS Anson. Elles ont capturé le corsaire dunkerquois de 14 canons "Boulonnois". Le 6 mars l'Ethalion a capturé le corsaire de 18 canons "Infatigable". Le Capitaine James Young a pris le commandement. La Capture de la frégate espagnole Thetis : En 1799, l'Ethalion opérait avec quatre autres frégates à Vera Cruz contre l'expédition espagnole. Le 16 octobre il a capturé la frégate Thetis, qui portait un chargement d'espèces d'une valeur de 1,385,292 dollars espagnols (312.000 livres). L'argent de la prise a été payé le 14 janvier 1800. Chacun des quatre capitaines britanniques a reçu 40.730 livres et chaque fusilier marin et marin a reçu la somme de 182. livres.

Le naufrage

Récit du Capitaine Searle : sur les opérations à bord de l'Ethalion lors de la soirée du 24 décembre 1799 jusqu'au moment où le capitaine et ses officiers furent dans la douloureuse obligation d'abandonner le navire :

"À 16 heures, Point Le Cheure (le Cap de la Chèvre ??) il se dirigea Sud-Est quart Est trois ou quatre lieues, s'écartant par intermittence de Saint-Mathieu dans l'intention de louvoyer au plus près le matin et de reconnaître la position de la flotte ennemie : une mission que j'étais particulièrement impatient d'effectuer comme je savais qu'aucune occasion ne s'était présentée dans cette optique depuis le 18 décembre, quand le Fisgard (3), l'Ethalion et le Sylph (4) furent tous éloignés de la côte par un violent coup de vent. Et je savais que le Fisgard ne pouvait avoir regagné sa station à ce moment là.

À 8 heures je donnais les instructions habituelles et nécessaires et les précautions à prendre à l'officier de quart et au pilote pour que le navire demeure dans une situation adéquate pendant la nuit. Ils devaient aussi m'informer en cas de changement de vent ou de temps et quand le pilote souhaitait que le navire change de bord. Et aussi me renseigner à la fin de chaque quart – comme c'était la coutume chaque nuit – quant à la situation du navire par rapport à la distance de la terre. Le phare de Saint-Mathieu alors (à 20 heures) était Est quart Nord environ trois lieues. Le navire étant vers le sud sous ses huniers à triple ris, la voile triangulaire avant et arrière étendue sur un hauban du mat de hune, et la voile triangulaire avant et arrière étendue sur un hauban de l'artimon, avec le vent sud est et faisant route Sud Sud Ouest à la vitesse d'un nœud et demi.

Frégate 1793
La frégate française RESISTANCE

À 22 h 30, le navire, comme le désirait le pilote, vira encore. À minuit le phare était Nord Est quart Est à trois ou quatre lieues, heure où le lieutenant de vaisseau Jauncey me dit qu'il n'y avait pas beaucoup de vent et j'ordonnais qu'un ris soit sorti des voiles du haut, que le foc soit largué , et d'être prêts à prendre la mer à tout moment ; lequel ordre fut respecté. À une heure et demi du matin, le phare étant Est Nord quart Est entre cinq et sept milles, le lieutenant de vaisseau Quillim, l'officier de quart, m'avisa qu'il était du désir du pilote de virer à nouveau, et d'être vers le Sud jusqu' à quatre heures, comme il n'y avait que très peu de vent. Mais, à 3 h 10 du matin, bien que le navire n'avait pas parcouru plus de deux milles au sud depuis le moment où il avait viré de bord, et que le phare était alors toujours en vue, et étant Nord Est quart Est (la nuit était très noire), nous découvrîmes les rochers tout proches devant et en tentant de nous en écarter, le navire toucha/heurta : je donnai l'ordre que les membres d'équipage reprennent leur service et que les pompes fonctionnent, que les bateaux soient sortis, que le capitaine aille sonner l'alarme, de jeter les canons par dessus bord, et d'utiliser tous les efforts possibles pour dégager le bateau.

À 4 heures le bateau toucha très fort et démolit la poupe : signaux de détresse au Sylph. À 6 heures, le bateau se coucha sur le côté tribord et se gonfla d'eau. Au petit jour, je vis le Danae (5) , le Sylph et le cutter Nimrod (6) ; j'envoyai un signal pour que les bateaux nous aident. Le navire avait gonflé et à plusieurs endroits il était ouvert à moitié du côté tribord ; et je constatai l'impossibilité de sauver les réserves, j'envoyai les oisifs et la première division de marins dans nos proprescanots vers la Danae, la Sylph et le Nimrod. À 9 heures, Lord Proby vint à nos côtés ainsi qu'un autre canot du Danae suivi par un autre du Sylph. L'eau était maintenant au dessus du plat-bord sous le vent et la majeure partie de la poupe était complètement sous les eaux. Ce fut à ce moment difficile et dangereux pour les bateaux d'approcher le navire en raison du très grand ressac parmi les rochers.

Parcours de l'Ethalion
Recit du naufrage par le capitaine Searle, in Naval Chronicle 1800

À 11 heures, ayant fait évacuer tous les hommes, le premier lieutenant de vaisseau, sous mes ordres, mit le feu au reste du navire et M. Bellinghall, le capitaine du Mate, coupa ses plus bas mâts ; ceci effectué et après avoir vu tous les officiers en service et le capitaine dans le bateau restant, je fus alors dans la pénible obligation de quitter le navire. – Mon supplice, pendant la totalité de cette affaire regrettable mais surtout au moment où je dus abandonner le navire, ceux qui ont vécu cette expérience similaire en jugeront aisément. Je souhaite qu'il soit en mon pouvoir en tout autre occasion de décrire le grand mérite de tous les officiers et de l'équipage ; je suis convaincu que leurs efforts, leur promptitude à exécuter mes ordres et la persévérance constante témoignée n'a jamais en aucune autre occasion été dépassée, car en aucun autre cas n'y a t-il eu moindre confusion.
Je pense qu'il est maintenant nécessaire d'observer que la courte durée des journées à cette saison de l'année rend quasiment impossible pour tout navire de reconnaître les flottes de l'ennemi à Brest à moins qu'il ne s'éloigne de celles de Saint-Mathieu durant la nuit. Et je n'ai pas besoin de faire remarquer la difficulté de s'assurer de la distance précise d'un phare, et de l'incertitude à garder le navire dans une position sûre sans l'aide de quelque cap ou repère pour un relèvement de compas. Qui, dans ce cas fut empêché par l'extrême obscurité de la nuit, car bien que la position du phare soit toujours un guide suffisant au Parquet et Black Rocks, il est cependant inutile d'éviter les dangers de Sein en circulant au milieu d'eux. Et ni moi, ni le pilote, ni le capitaine avions pensé qu'il était possible que l'on puisse voir le phare à une distance de dix-huit milles, distance à laquelle le navire se trouvait lorsqu'il a heurté le fond, bien que le phare était alors si distinct que nous ne pensions pas qu'il puisse être à plus de dix ou onze milles et cet avis sera corroboré par les témoignages de tous les officiers.
Il est aussi pertinent d'observer que le capitaine du Nimrod qui travaille depuis un certain dans le même service au large de Brest fut aussi, cette nuit là, tellement induit en erreur par l'apparence du phare qu'il a navigué entre les rochers à courte distance de là où nous étions, mais s'en est sorti sans aucun dégât matériel. Je me flatte de penser que la déclaration antérieure recevra le témoignage et la convergence de vues des officiers en poste au large de Brest et que cela fournira la preuve la plus satisfaisante que mon vœu de me tenir à distance de St-Mathieu procéda d'un ardent désir de m'acquitter de la signification de mes ordres."

Recit du capitaine Searle (Traduction Fabienne Portier)

Position

Parcours de l'Ethalion
Parcours de l'ETHALION

Notes

1. Bompard Jean Baptiste Francois : né le 12/07/1757 à Lorient, décédé en 1842 à Bagnols, a participé comme corsaire à la Guerre d'indépendance américaine, puis commandant la frégate L'embuscade, il coule le Boston dans la rade de New York. Après la Révolution, il échoue dans la tentative de débarquement en Irlande qu'il dirigeait. Il est amiral jusqu'à sa retraite prématurée, en 1801, en raison de ses opinions politiques.

2. Tory Island : La bataille de l'île de Toraigh (ou de Donegal ou de Lough Swilly) est une bataille navale des guerres de la Révolution française qui se déroula le 12 octobre 1798 entre des escadres françaises et britanniques au large de la côte nord-ouest du Comté de Donegal en Irlande. Ce fut la dernière action de la rébellion irlandaise de 1798, la bataille de l'île de Toraigh mettant fin aux tentatives de la Marine française de débarquer un nombre substantiel de soldats en Irlande pour soutenir les rebelles. La Société des Irlandais Unis, dirigée par Theobald Wolfe Tone, avait lancé le soulèvement irlandais contre l'autorité britannique en mai 1798. A la demande des rebelles, une petite armée française commandée par le général Humbert avait débarqué à Killala, mais à la mi-septembre cette force avait été vaincue et la rébellion avait diminué d'intensité. Ignorant tout de la défaite, les Français dépêchèrent des renforts le 16 septembre. Cependant, après avoir manqué l'interception de la première force d'invasion, la Royal Navy était en alerte pour une autre tentative et, quand l'escadre transportant les renforts quitta Brest, elle fut rapidement repérée. Après une longue poursuite, les Français furent obligés de se battre dans une baie de l'Île de Toraigh. Au cours de l'action, les navires français en infériorité numérique tentèrent de fuir mais furent vaincus au coup par coup, les Britanniques capturant quatre d'entre eux et dispersant les autres. Au cours des deux semaines suivantes, des patrouilles de frégates britanniques balayèrent le chemin de retour à Brest et capturèrent trois navires supplémentaires. Sur les dix navires de l'escadre française d'origine, seules deux frégates et une goélette revinrent à Brest sans encombre. Les pertes britanniques furent minimes. La bataille fut la dernière tentative de la Marine française de lancer une invasion sur une partie des Îles britanniques. Elle mit fin aux espoirs des Irlandais Unis d'obtenir un soutien étranger dans leur lutte contre les Britanniques. Après la bataille, Tone fut reconnu à bord du navire-amiral français, capturé et arrêté. Il fut ensuite jugé pour trahison et condamné à être pendu. Il se suicida dans les heures qui précédèrent sa pendaison.

Parcours de l'Ethalion
Les côtes de l'île de Toraigh

3. HMS FISGARD : frégate de 44 canons, cinquième rang, ex frégate française RESISTANCE, construite à Nantes en 1793 par le jeune ingénieur-constructeur O. Degay. Cette frégate portera sa batterie à 30 canons de 24, et son gaillard est armé de 20 canons de 12. La RESISTANCE sera capturée aux Français en 1797.

4. HMS SYLPH : Type Brick, grée en Sloop ; Armement 18 canons, lancé 1795, construit of Fir.

5. HMS DANAE, frégate de 20 canons, sixième rang, ex frégate française, VAILLANTE, capturée par la HMS INFATIGABLE, en 1798, au large de la l'île de Ré. En Mars 1800, son équipage se mutine, et prend le contrôle pour la remettre à la France.

6. HMS NIMROD : sloop de 18 canons, ex français EOLE capturé en 1799 par le HMS SOLEBAY. il est vendu en 1811.

7. La cour martiale réunie à Plymouth,le 10 janvier à bord du HMS CAMBBRIDGE acquittera le capitaine Searle : "A Court Martial was held on board the Cambridge flag ship in Hamoaze, on Captain Searle, his officers, and ship's company,for the loss of his Majesty's frigate, the Ethalion, on the .Saints Rocks, December 25, 1799. After an impartial Investigation of the existing circumstances, the Court most honourably acquitted Captain Searle, his ofiicers, and crew. It appeared that the accident was occasioned by an unusual course of tide, and but little wind ; that every exertion which skill and zeal could effect was made by Captain Searle and his officers and the utmost discipline and subordination was observed by the ship's company, so highly honourable to british seamen in times of danger. The Ethalion was stationed off the Saints, to preserve the line of cruisers watching the enemy's ports."

 

Sources

"Shipwrecks of the Revolutionary & Napoleonic Era", Grocott, Terence, Caxton Editions. ISBN 1-84067-164-5 ; "British Warships in the Age of Sail 1793–1817" Winfield, Rif, Seaforth. ISBN 1861762461 ; S.H.M. Cherbourg (cote 4 P 3 – 1 (an 5 et AN 6) ; The National Archives, Kew (ADM 9/2/13 : John Clarke Searle; Rank: Post Captain; Date of Seniority: 13 July 1796 as post captain - ADM 36/15401, (01.09.1798 - 30.10.1799) ) ; The Naval Chronicle V II) ;

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