Trois destins identiques
Les trois "CHRISTOPHE COLOMB"

Chistophe Colomb
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Trois-mâts goélette CHRISTOPHE COLOMB (1893-1900)

rôle d'équipage
Armement du trois-mâts Christophe-Colomb (A. D. 76, Cote 6P6_566)

Le premier trois-mâts nommé Christophe-Colomb est un navire marchand construit en 1893 à Honfleur. Il jauge 317 tonneaux et il est armé au long cours par Désiré Auger et immatriculé au Havre.

Sous les ordres du capitaine Adelus (1), il accomplit des voyages annuels de droiture entre Bordeaux, Le Havre, l'Angleterre et Haïti. Il commerce les marchandises coloniales notamment du bois de campêche (3) et du rhum.

Le naufrage :

C'est au retour du voyage de l'année 1900, que le Christophe-Colomb naufrage sur la Grosse Caye d’Aquin (2) en Haïti, le 10 septembre.

voiliers

campeche

Chargement du bois de Campêche

Le Campêche ou Bois de Campêche

Position :


Trois-mâts terre-neuvier CHRISTOPHE COLOMB (1814-1890)

Morutier Christophe Colomb
"Le terre-neuvier "Christophe Colomb" coulé après abordage avec un navire de ligne sur les bancs de Terre-Neuve (tableau offert par son capitaine, Christophe Rubatto) Chapelle Notre-Dame du Salut ou Notre-Dame des Marins à Fécamp, Photo de Christian Maheut

Le naufrage :

Il est coulé, le 27 juillet 1890, par le paquebot Obdam (4) de la Nederlandsch-Amerikaansche Stoomvaart Mij. sur les bancs. "New-York, 1er août.

Par cable au Matin :

"Le vapeur Obdam, venant de Rotterdam, a débarqué vingt-deux personnes appartenant à l'équipage du bateau français le Christophe-Colomb, qui a été coulé par l'Obdam par un temps de brouillard, près des bancs de Terre-Neuve. Quatre personnes faisant partie de cet équipage ont péri."

Position :

Banc de Terre-Neuve

Trois-mâts terre-neuvier CHRISTOPHE COLOMB (1897-1917)

Morutier Chrsitophe Colomb

Le trois-mâts Christophe-Colomb F. 1618 est le deuxième navire terre-neuvier du même nom à Fécamp. Ce trois-mâts goélette de 395 Tx de jauge brute, 393 Tx de jauge nette, long de 42,11 m pour un tirant d'eau de 4,27 m, construit à Saint-Malo en 1897, est orné d'un magnifique tableau arrière.

Mis à l'eau en octobre 1897, francisé le 24 décembre, il est immatriculé à Fécamp F. 1618 pour l'armement Henri Acher et Fils qui l'a fait construire pour remplacer le Trois-frères, perdu au début de l'année 1897.

Le Christophe-Colomb, fait sa première campagne de pêche sur les bancs de Terre-Neuve en 1898 sous le commandement du capitaine Prévost. En 1906, c'est la « débâcle » selon Léopold Soublin ; les résultats des armements fécampois sont très mauvais et, en 1907, l'armement H. Acher et fils n'arme qu'un seul navire pour Terre-Neuve, son trois-mâts goélette Turenne et Christophe-Colomb est désarmé.
Il repart pour les bancs en 1908 et fait toutes les campagnes jusqu'en 1914 avec un équipage de 35 à 38 hommes.

Parti de Fécamp, le Christophe- Colomb, Capitaine M. Legros, avait gagné Terre-Neuve avec trente-trois hommes d'équipage, deux novices et un mousse. Son retour sera dramatique :

"On considérait depuis longtemps déjà, comme perdu, le terre-neuvier Christophe- Colomb, du port de Fécamp, qui, parti le 16 mars pour la campagne de Terre-Neuve, n'avait pas été, depuis lors, signalé. On crut que le navire avait partagé le sort des trop nombreux bateaux disparus au cours de la dernière campagne, lorsque le télégramme suivant, de source anglaise, est venu signaler la présence dans les eaux françaises du terre-neuvier que l'on croyait englouti."
"Londres, 2 novembre : l'agent consulaire fraudais à Guernesey a été informé, hier, par le capitaine du vapeur anglais Gazelle, qu'il a rencontré, au large des Casquets, le morutier français Christophe-Colomb, de Fécamp, désemparé. Le Christophe-Colomb, qui était considéré comme perdu, était parti depuis plus de sept mois. Le capitaine de la Gazelle a donné au Christophe-Colomb tout le pain, là viande et l'eau qu'il avait à bord, mais le patron de la barque française a refusé de se laisser remorquer, déclarant qu'il gagnerait Fécamp par ses propres moyens. L'Arrivée à Fécamp.
De notre correspondant particulier à Fécamp, 2 novembre : Le Christophe-Colomb, sur le sort duquel on avait éprouvé les plus vives inquiétudes, est entré, hier soir, à dix heures, dans le port de Fécamp avec son mat de misaine L'équipage est en bonne santé. Le navire avait encore à bord 600 kilogrammes de biscuits et de l'eau. Par contre ses conserves étaient épuisées et depuis deux jours l'équipage avait dû manger de la morue salée."
Source : Le Petit Parisien (1906/11/03, Numéro 10963)

Plus de dix capitaines ont servi à bord : Prévost (1898), Recher (1900-1901), Chapdeleine (1902), Lhommet (1903-1904), J. Grieu (1905), Legros (1906), P. Dubosc (1908), G. Duparc (1909-1912), R. Carpentier (1913-1914) et Tanguy (1916-1917).

Le naufrage :

Le 13 mars 1917, il s’échoue à l’entrée de Brest, le capitaine Tanguy et l'équipage sont sauvés, mais le navire est perdu.

 

Terre-neuvier

1906

Le Christophe-Colomb
(Association Fécamp Terre-Neuve)

Le Christophe-Colomb est rencontré par le vapeur anglais Gazelle
(Petit Journal Illustré 1906)

Position :

Entrée de Brest

Sources

A.D . 76 (Cote 6P7_63, Cote 6P6_566) ; Le Petit Parisien (1906/11/03, Numéro 10963) ; Petit Journal Illustré 1906 ; Etienne Bernet, Édition Association Fécamp Terre-Neuve ; "La grande pêche de la morue à Terre-Neuve depuis la découverte du nouveau monde par les Basques au XIVe siècle ", Adolphe Bellet ; Jean Pierre Payen ; Le Matin (02/08/1890) ; L'ouest-Eclair (20/12/1890) ;

Notes :

1. Capitaine Adelus : Le capitaine Adelus sera blessé le 19 décembre 1890 dans l'accident du rapide de Bordeaux, alors qu'il rentre d'un voyage d'Haïti : "L'accident du rapide de Bordeaux Paris, 19 décembre. Voici des détails complémentaires au sujet du terrible accident qui a eu lieu sur la ligne de Bordeaux. Un train special a ramené à Paris une partie des voyageurs des trains télescopés. Sur le quai, quantité de parents et amis se pressent. Un service d'ordre avait été organisé l'intérieur et à l'extérieur de la gare. Un seul blessé descend du train e'est M. Adelus, capitaine au long cours. Il est immédiatement conduit la salle d'attente où le docteur Paul Second lui donne les premiers soins. Le capitaine Adelus a une plaie confuse de la face et une fracture des os du nez.

2. Grosse Caye d’Aquin : Aquin est une ville portuaire d'Haïti et la capitale de l'arrondissement du même nom. Elle se trouve au sud de l'île de Saint-Domingue, à 37 km à l'est-nord-est des Cayes (département du Sud).

3. Bois de campêche : Le Campêche ou « Bois de Campêche », (Haematoxylum campechianum) est un petit arbre tropical appartenant à la famille des fabaceae pouvant atteindre 15 mètres de haut. Il doit son nom au port mexicain de Campeche d'où l'on embarquait, au XVIIe siècle, les bois de teinture pour l'exportation. L'espèce est commune en Amérique centrale et aux Antilles. Le campêche se distingue par son bois très dur et très lourd de couleur sombre et sa sève de teinte rouge foncé. Par métonymie, cette substance colorante elle-même est appelée campêche ou hématine.Sa principale utilisation est la teinture. Le colorant formé, l'hématéine, est employé pour teindre la laine, la soie, le coton etc. En variant les produits de mordançage, le campêche permet d'obtenir des teintes allant du bleu au rouge, soit beaucoup de violets et de mauves, ainsi que des gris et de superbes noirs.
Autrefois, le bois du campêche était aussi utilisé pour fabriquer du charbon de bois, très réputé encore de nos jours. Son bois est aussi utilisé pour fabriquer des meubles, des traverses de chemin de fer, des poteaux de soutènement et certaines pièces de bateaux.
.Les enfants utilisaient dans la première moitié du xxe siècle de la décoction de bois de campêche comme encre sympathique : un message tracé avec cette encre était presque invisible, mais devenait très lisible après passage d'un fer à repasser chaud.
Le campêche possède aussi de nombreux usages médicinaux. Aux Petites Antilles, on le prescrit comme fébrifuge ou comme hémostatique et cicatrisant. L'hématoxyline a aussi montré des activités anti-inflammatoires.

4. Obdam : Paquebot lancé le 4 novembre 1880 sous le nom de British Queen par les chantiers Harland & Wolff à Belfast. Il jauge 3699 tonneaux pour une longueur de 125.1 m et une largeur de 12,1 m. Il est vendu en 1881 à la Nederlandsch-Amerikaansche Stoomvaart et prend le nom de Obdam.
Il sera torpillé le 30 août 1918 sous le nom de ONEGA.

5. Gironde : Vers 1880, Bordeaux devient le premier port français importateur de morues, grâce au développement du chemin de fer et au traité franco-anglais du 8 avril 1904 qui élimine définitivement la concurrence, de la morue séchée à Terre-Neuve. Ainsi, en 1907, Bordeaux recevait 70 % de la production française, sur 37 sécheries françaises, il en posséde 30.


 

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