B-17F "Lady Godiva "
#42-29878

USA

Saint-Quay-Portrieux
Abattu par chasseurs, le 29 mai 1943

Lady Godiva

Texte & photos : Jean-Michel Martin

Le 29 mai 1943. Base Aérienne de Kimbolton. Angleterre. Le 379ème groupe de bombardement lourd (Bombardment Heavy) (1) se prépare a une mission ayant pour objectif la base sous marine de Saint Nazaire dans l'ouest de la France. C'est sa première mission. Les équipages prévus, s'affairent et prennent les directives au briefing. Le raid est décidé pour la fin de l'après midi. Les ordres se précisent et l'objectif devra être atteint à 17 heures.

Ce raid va regrouper 169 B-17 forteresses volantes (2). Sur la base de Kimbolton, le lieutenant Theodore Peterson est quelque peu tendu. C'est sa première mission, âgé de 23 ans il va devoir mener a bien l'ordre donné par ses supérieurs car lui aussi va venir se joindre a l'escadrille.

Le combat

Structure d'aile

ancrage aile

Débris du B17

Turbocompresseur

Structure d'aile du B.17 

Fixation ancrage aile 

 Débrits dispersés

 Élément du turbocompresseur

Très vite c'est l'enfer. Les canons antiaériens se déchaînent, mille panaches de fumées noires entourent les B-17 ceci dû aux explosions des obus. Sur sa droite Ted et ses hommes assistent impuissants à la destruction de l'avion du chef de groupe, (B-17 #42-29792). Ce dernier tombant rapidement. Immédiatement le "Lady Godiva" est frappé par un obus sur son aile gauche. Un trou béant de trois a quatre mètres est visible dans l'aile. Aussitôt les deux moteurs gauches sont en feu. Très vite Ted comprend qu'il ne pourra pas suivre la route prévue pour le retour. Malgré cette situation a 17 heures 07 il fait déverser le chargement de bombes sur la cible qui est atteinte. Aussitôt il décide rapidement de couper la péninsule bretonne pour essayer de rentrer sur une base anglaise. Très vite l'avion de Ted est la cible des Messerchmitt qui sont là pour l'achever. Un des chasseurs par son tir met le feu dans un des moteurs restants. Très vite l'ordre d'évacuation fut donnée et tour à tour l'équipage sauta en parachute. Ted Peterson sauta le dernier après quelques inquiétudes car il manquait un parachute qu'il retrouva in-extremis dans un placard, il quitta l'avion à une altitude de 324 mètres et tomba au lieu dit "Meno", commune de Plourhan (Côtes d'Armor) dans un chêne toujours visible de nos jours.

A l'aide de son canif Ted coupa les suspentes de son parachute et fut secouru par des gens du pays qui le cachèrent, puis il arriva à Saint-Quay-Portrieux dans une maison où il retrouva Scott son radio. Seuls eux deux ne furent pas faits prisonniers Peterson et Scott purent rejoindre la base en Angleterre le 16 août 1943 après bien des difficultés et un passage par la région parisienne et l'Espagne via les réseaux d'évasion. Les autres membres d'équipage furent faits prisonniers et finirent la guerre dans les stalags en Allemagne. Le B-17 finit sa course en mer à plus d'un mille nautique de St Quay-Portrieux, sur la roche des Poulains. Il reste à ce jour quelques vestiges de ce bombardier qui avait emprunté son nom à une légende anglaise celle de madame Godiva qui nue sur son cheval traversa la ville de Coventry suite à la demande de son terrible époux pour qu'enfin celui-ci convienne de ne plus écraser de charges et de corvées les pauvres habitants de cette ville.

L'équipage :

Pilote : Peterson Theodore M.- Co-Pilote: Bourn Jack W. - Navigateur : Woodrow T. Moore - Bombardier : Warren T. Rosacker - Radio : John M. Scott - Mitrailleur tourelle : William E. Blubaugh - Mitrailleur arrière : Gideon A. Brown - Mitrailleur sabord gauche : Paul R. Cribelar - Mitrailleur sabord droit : William T. Ayres - Mécanicien : Maynard M. Spencer

Témoignage de Monsieur C . :

" Sur les deux aviateurs Américains tombés sur la commune de Tréguidel ce même jour. Nous sortions de l’école, il était environ 16 heures 30 mn. Des bruits d’avions et de tirs attirèrent notre attention. Nous avons aperçu deux chasseurs allemands qui attaquaient, sans répit, une Forteresse Volante qui visiblement était en grande difficulté. Elle avait quitté le groupe ou elle évoluait. Ce groupe de bombardiers continuait sa route vers l’Angleterre à haute altitude. Le ciel était bien dégagé. Les avions allemands s’acharnaient, tirant sans arrêter sur l’appareil en difficulté. Nous voyions également le feu des balles traçantes et aussi le bruit de celles qui tombaient sur les toits, surtout sur les hangars métalliques. On aperçu un parachutiste sauter de l’avion rapidement suivi d’un autre. Le premier à atterri dans un grand pommier au village du Guern près du bourg. L’aviateur fût aidé par deux jeunes du voisinage. Son parachute fût caché aussitôt sous un amas de ronces, il se dissimula derrière un talus puis fut aidé à trouver son chemin, bien court car il avait été arrêté au bourg par les occupants. Le second, tomba environ à un kilomètre du bourg, en pleine campagne.
Mon père et un de nos voisins arrivèrent très vite pour lui porter assistance. Je suivais à distance. Il resta sur place. Voulut se cacher dans des fourrés épais. Il organisa lui-même sa cachette dissimulant son parachute. Il se reposa une heure environ. Mon père lui apporta du pain, des œufs, il but deux verres de cidre. Il expliquait ne pas connaître cette boisson, mais dit qu’il appréciait. Il demanda que ses oeufs soient préparés en omelette. Mon père décida de revenir chez nous pour préparer ce qu’il nous demandait. Nous le suivîmes. A notre retour au bout du chemin et à environ une vingtaine de mètres de la cachette de notre aviateur, on aperçu un attroupement avec les gendarmes français à la solde Pétain, des allemands et un jeune homme et une jeune fille. Nous connaissions ces derniers, ils étaient cousins. Le groupe ignorait notre présence toute proche. On entendit très bien le jeune homme demander à sa cousine ‘’Eh bien, dis leur où il est puisque tu le sais’’ la jeune fille sans hésiter indiqua la cachette et l’américain fut arrêté. Son premier réflexe de captif fut de tourner le dos à tous ces gens et de se mettre à chanter très fort le groupe parti vers le bourg. Nous les avons vus s’éloigner.
J’ai toujours pensé que cet aviateur aurait pût croire que nous étions pour quelque chose dans son arrestation, n’ayant pût terminer notre mission de secours à son égard. Sur les dix membres d’équipage 8 furent faits prisonniers Sur Tréguidel sont tombés les 2nd Lieutenant Woodrow Moore et le second Warren T Rosaker. Il est difficile de dire lequel avait sauté le premier. Ted Peterson (23 ans) le commandant de cette forteresse volante avait déclenché le signal d’évacuation de l’avion faisant sauter en premier les aviateurs situés à l’avant de l’appareil. Son copilote a sauté en troisième position, ce dernier ne retrouvant pas son parachute avait pris celui de Ted, Ted dû prévenir ceux de l’arrière qui n’avaient pas entendu l’alerte. Ted sauta en dernier, ayant retrouvé heureusement à la dernière minute le parachute manquant. Le groupe de pilotage ne s’équipait pas du parachute avant de partir car certaines manœuvres de pilotage s’avéraient difficile avec cet équipement. Donc, il le mettait au dernier moment."

Mémorial

Mémorial

Memorial

Position

Carte du crash

Latitude : 48° 39' 4661 N - longitude : 002° 47' 4803 W

Notes

1. Le 379th Bomb Group était l'un des 12 groupes de bombardement inclut dans la première division de bombardement de la 8ème Force aérienne Américaine. Les B-17 de chaque groupe de cette Division ont fait peindre un grand triangle au sommet du stabilisateur vertical. La lettre allouée au 379th était la lettre K. Le 379th Bomb Group a volé ses 300 premières missions en moins de temps qu'aucun autre groupe. Pendant ces 330 missions de bombardement, il a déversé 26.640 tonnes de bombes sur les cibles ennemies, a abattu 315 avions ennemis et a perdu 141 B-17.

Kimbolton Airfield

Base de Kimbolton

2. B17 : constructeur Boeing, bombardier lourd. Premier vol 28 Juillet 1935. Mise en service juillet 1939. Date de retrait 1975. Coût unitaire 314 100 $. Nombre construit 12 677. Équipage 10 Motorisation Moteur Wright R-1820-97 Cyclone turbocompressés en étoile. Nombre 4. Puissance unitaire 1 200 ch. Envergure 31,62 m, longueur 22,66 m, hauteur 5,8 m, surface alaire 131,92 m², masses à vide 16 390 kg avec armement 24 495 kg, maximale 29 710 kg. Performances : vitesse maximale 462 km/h, plafond 10 850 m, vitesse ascensionnelle 4,6 m/s m/min, rayon d'action 3 220 km, charge alaire 185,7 kg/m². Armement interne 2 724 kg de bombes, externe 13 mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm.

3. Messerchmitt Bf 109 (Moteur DB 605A à injection directe Puissance unitaire 1 475 ch, armement : 1 canon MG 151/20 de 20 mm et 2 mitrailleuses MG 131 de 13 mm, 250 kg de bombes). C'est un avion de chasse conçu dans les années 1930 par l'ingénieur allemand Willy Messerschmitt en réponse à un appel d'offre du Reichsluftfahrtministerium (RLM) pour la conception d'un chasseur moderne devant équiper la Luftwaffe naissante. Autour du moteur le plus puissant disponible, un Junkers Jumo 210 à 12 cylindres en V inversé, Messerschmitt dessina la cellule la plus fine possible, reprenant des techniques très novatrices qu'il avait développées pour l'avion léger Bf 108. Le prototype Bf 109, supérieur à ses concurrents, fut finalement choisi, malgré l'inimitié du ministre de l'Air, Erhard Milch, envers Messerschmitt.

Messerchmitt

B17

 Messerchmitt

 B-17

Sources

Association du Mémorial Américain de Saint-Nazaire ; Jean Michel MARTIN ; Association Bretonne du Souvenir Aérien 39-45 ; http://www.379thbga.org/ ;

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